le 30 juillet, 2010
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Petition a Stoppez Les Arbres OGM
Stoppez la dissémination d’arbres génétiquement modifiés au Canada et ailleurs dans le monde
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Lettre ouverte au ministre de l’Environnement du Canada en vue de la Neuvième réunion de la Conférence des parties (CdP9) à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB), Bonn, Allemagne, 19 au 30 mai 2008.
Nous, les soussignés, membres d’organismes, associations et groupes communautaires de tout le Canada, voulons exprimer notre profonde inquiétude quant aux essais en champ d’arbres génétiquement modifiés (GM) au Canada, ainsi que dans d’autres pays, et au danger que pose l’approbation commerciale d’arbres transgéniques.
Premièrement, nous voulons exprimer notre inquiétude quant aux essais en champ d’arbres GM au Canada. Malgré la réglementation gouvernementale en vue de prévenir la contamination, ces essais en milieu ouvert posent un grave danger pour les écosystèmes forestiers du Canada.
Deuxièmement, nous voulons nous objecter à l’utilisation de fonds publics pour tester des arbres génétiquement modifiés, comme a entrepris de le faire le Service canadien des Forêts, de Ressources naturelles Canada, dans des stations de recherche gouvernementales.
Troisièmement, nous voulons exprimer notre inquiétude quant aux essais en champ entrepris dans d’autres pays et à la possibilité que l’on utilise des arbres transgéniques à des fins commerciales.
Des entreprises de l’industrie du bois et des biotechnologies sont en train de mettre au point des arbres GM en vue de la production de papier et de biocarburants.
La dissémination d’arbres génétiquement modifiés (GM) pose un grave danger pour les écosystèmes et la biodiversité des forêts, tant au Canada qu’à l’échelle mondiale.
Le pollen d’arbres GM peut se propager sur des centaines de kilomètres (du pollen de pin du sud-est des États-Unis a franchi 1200 km pour parvenir jusque dans l’est du Canada) et les risques de contamination irréversible sont donc très élevés.
La contamination transgénique provenant des arbres transgéniques risque de nuire au secteur forestier, un moteur important de l’économie canadienne.
Les forêts comblent plusieurs besoins des collectivités locales. Par exemple, les aliments forestiers font partie intégrante de la vie, de l’économie, et de la culture des collectivités autochtones, dont 80 % sont situées dans des régions boisées.
Des études récentes démontrent que les essais en champ et la commercialisation d’arbres résistant aux insectes (Bt), toxiques pour les insectes de l’ordre des lépidoptères, nuisent au sol et aux écosystèmes aquatiques, en plus d’affecter des insectes non ciblés ainsi que les oiseaux et autres organismes qui s’en nourrissent, avec l’impact que cela exerce sur la chaîne alimentaire de la faune indigène.
La modification génétique des arbres en vue d’accroître leur résistance au froid menace d’étendre l’impact social et environnemental des plantations à des régions plus froides et à plus haute altitude. La dissémination des traits de résistance au froid risque aussi de favoriser la prolifération de nouvelles espèces envahissantes.
La commercialisation d’arbres résistant aux herbicides accroîtra l’utilisation de pesticides dans les plantations, avec les graves effets environnementaux qui en découlent, dont la destruction de la flore indigène et l’impact sur la santé humaine.
Nous nous préoccupons notamment des recherches intensives réalisées pour mettre au point des arbres à teneur réduite ou modifiée en lignine en vue de produire des biocarburants à base de cellulose. La lignine est un polymère structurel important (elle contribue à la solidité de l’arbre) pour protéger l’arbre des insectes et maladies, et favoriser la conductivité de l’eau dans la plante. Les arbres à faible teneur en lignine seront plus sensibles aux maladies et aux insectes nuisibles, et plus fragiles lors des tempêtes de vent. La dissémination d’arbres à faible teneur en lignine et de leurs gènes par les semences et le pollen risque d’avoir un effet dévastateur sur les forêts.
Partout dans le monde, on détruit déjà des forêts naturelles en vue de faire place à de vastes plantations industrielles pour les pâtes et papiers, le bois d’abattage et les agrocarburants (palmiste). Le défrichage et la monoculture affectent grandement la biodiversité forestière, ce qui aggrave le réchauffement de la planète et menace la vie, le gagne-pain et la culture des peuples autochtones et des communautés forestières. La commercialisation d’arbres GM ne fait pas qu’étendre et implanter les monocultures, elle crée de nouveaux risques environnementaux, extrêmement dangereux et imprévisibles, en plus d’exercer de nouveaux impacts sur le plan social, économique et culturel.
Nous rappelons la décision VIII/19 de la dernière réunion de la Conférence des parties à la Convention sur la biodiversité (CdP8), qui « Recommande aux Parties d’adopter une approche de précaution lorsqu’elles examinent la question des arbres génétiquement modifiés. » Cette décision est fondée sur la reconnaissance par la CdP8 des « des incertitudes liées aux impacts environnementaux et socio-économiques potentiels, y compris les impacts transfrontières et à long terme, des arbres génétiquement modifiés sur la diversité biologique mondiale des forêts , ainsi que sur les moyens de subsistance des communautés autochtones et locales, et vu l’absence, dans certains pays, de données fiables et des capacités nécessaires pour entreprendre des évaluations des risques et pour évaluer les impacts potentiels »
Pour la santé et l’avenir des écosystèmes forestiers au Canada et ailleurs dans le monde, nous, soussignés :
- Demandons que l’on mette fin aux essais en champ réalisés au Canada et que ne soient plus approuvés les essais en champ d’arbres génétiquement modifiés au Canada.
- Demandons que l’on cesse d’utiliser des fonds publics pour procéder à des essais en champ et que l’on mette fin aux essais en champ réalisés dans des stations de recherche gouvernementales.
- Exhortons le gouvernement du Canada, lors de la CdP9 à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, à appuyer d’autres gouvernements en vue de l’adoption d’un moratoire sur les essais en champ, la plantation et l’utilisation commerciale d’arbres génétiquement modifiés en raison de la gravité des risques qui en découlent pour la diversité biologique et les écosystèmes forestiers au Canada et ailleurs dans le monde.







