le 21 février, 2017

Passez à l’action / Presse / Communiqués de presse / Les agriculteurs d’Haïti disent qu’il faut « brûler les semences de Monsanto »

Les agriculteurs d’Haïti disent qu’il faut « brûler les semences de Monsanto »

Des organisations du Canada appuient le refus du cadeau empoisonné

Jeudi, le 3 juin 2010 - Des syndicats agricoles et des groupes d’écologistes du Québec et au Canada ont annoncé aujourd’hui leur appui à la manifestation des agriculteurs qui se tiendra demain à Haïti pour protester contre le « don » de 475 tonnes de semences de maïs et de légumes hybrides provenant de Monsanto, géant américain de la biotechnologie. C’est l’Agence américaine de l’aide internationale USAID qui veut en faire la distribution aux fermiers d’Haïti.

Chavannes Jean-Baptiste du Mouvement Peyizan Papay (MPP) en Haïti qualifie cette cargaison de Monsanto d’un « nouveau tremblement de terre ». Le MPP organise la marche de protestation de demain et demande à tous les fermiers « de brûler » les semences de Monsanto. « Si les pays donateurs se mettent à envoyer des semences hybrides, c’est la fin de l’agriculture en Haïti », de dire M. Chavannes.

Pour l’instant, ce ne sont pas des semences génétiquement modifiées (OGM) que Monsanto veut envoyer, mais plutôt des semences hybrides, qui doivent le plus souvent être rachetées tous les ans. En plus, le rendement optimal de ces variétés hybrides dépend de l’utilisation de pesticides. Résultat probable : une dépendance accrue des paysans sur les multinationales, leurs semences et leurs produits chimiques.

Après le tremblement de terre, une grande partie des stocks de semences agricoles d’Haïti a dû être convertie en nourriture pour alimenter le grand nombre de citadins exilés temporairement en milieu rural. Dans un communiqué envoyé aux agriculteurs haïtiens (texte original en créole), M. Chavannes écrit, « Monsanto veut profiter du tremblement de terre... pour prendre pied en Haïti.. C’est inadmissible pour nous. »

« Avec des amis comme Monsanto et ses alliés au gouvernement, pas besoin d’ennemis,» déclare Benoît Girouard de l’Union Paysanne. « Ce soi-disant « don » est une atteinte aux agriculteurs haïtiens et à la survie de leurs variétés locales. »

L’Union Paysanne, le National Farmers Union, le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB), Action SOS Haïti, Haïti une semence un pays, et Greenpeace répondent à l’appel de solidarité internationale lancé par le mouvement paysan d’Haïti visant à « lutter contre Monsanto et ses complices ».

« Notre peuple ne sera jamais autonome s’il doit encore être victime d’une soi-disant générosité qui la rendra dépendante de multinationales dans le domaine agricole. Nous travaillons déjà avec des entrepreneurs agricoles en Haïti sur des projets durables, équitables et écologiques » rappelle Caroline Thélémaque directrice de la communication à Action SOS Haïti.

« La souveraineté alimentaire ne peut pas s’acquérir par des semences hybrides ou génétiquement modifiées », rappelle Sébastien Rioux, Coordinateur de l’organisation HAÏTI, une semence un pays, qui a déjà envoyé à Haïti plus de 15 000$ de semences biologiques et à pollinisation libre pour assurer la souveraineté alimentaire dans le pays. « Nous dénonçons grandement l’envoie de semences provenant de la compagnie Monsanto qui mettra en péril la pérennité de l’agriculture haïtienne» de conclure Sébastien Rioux.

Les agriculteurs Haïtiens mettent en place déjà des solutions localement pertinentes en agriculture écologique et rejettent la dépendance sur les fausses solutions que Monsanto veut leur imposer », constate Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture, Greenpeace.

Selon Colleen Ross du National Farmers Union, « les agriculteurs d’Haïti nous disent que l’avenir du pays passe par la production et la consommation locales. Ça s’appelle la souveraineté alimentaire. Nous appuyons la lutte des agriculteurs haïtiens. »

« Monsanto veut envoyer ses semences en Haïti pour assurer son propre avenir, non pas l’avenir des agriculteurs haïtiens », dit Lucy Sharratt, Coordinatrice du Réseau canadien d’action sur les biotechnologies.

Pour plus d'information : Chavannes Jean Baptiste, Mouvement Peyizan Papay : 011 509 34 55 15 86; Benoit Girouard, Union Paysanne, 450 495 1910; Éric Darier, Greenpeace cell 514 605 6497; Catherine Thélémaque, directrice aux Communication , Action SOS Haiti, 514-298-5538; Sébastien Rioux, Coordinnateur, HAÏTI, une semence un pays, 438-275-9805; Colleen Ross, National Farmers Union, 613 213 1522; Lucy Sharratt, Coordinatrice, Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB) 613 241 2267 ext 6.

Get your free CBAN E-News. Sign up now.